EGLISE SAINT PIERRE ES LIENS de FRAYSSINET

Jeudi 11 février 2016, par Service Communication // Saint Jacques

Dans le pouillé du diocèse de Cahors il est indiqué" Sanct Petri de Frayssineto ad pres. ab Marcillaci". C’est à dire que cette église était sous le presbyterium de l’abbaye bénédictine de Marciihac sur Célé. L’abbaye possédait à Frayssinet un prieuré connu depuis au moins 1183.
L’abbaye de Marcilhac dont l’église est sous le patronage de Saint Pierre, d’ou le nom de notre paroisse.
Cette abbaye bénédictine a été fondée en 960 par des moines de Moissac qui auraient fuis les raids normands, certains pensent que ce serait des moines de Saint Amans de Cahors. Elle verra son apogée du Xllème au XJVème siècle. Elle possédait alors une cinquantaine de prieurés et bénéfices dont Rocamadour. Même si son rayonnement ne dépassa guère le local, elle disposait de prieurés et de très nombreux fiefs jusqu’à Gramat. Cette abbaye était fort riche au point de négliger son patrimoine et perdre Rocamadour. L’abbaye avait titre de coseigneur de Frayssinet.
Un prieuré était à l’origine une ferme trop éloignée de l’abbaye pour être gérée par l’économe. L’abbé envoyait donc un religieux qui l ’administrait et qui célébrait aussi la messe dans une petite chapelle ouverte aux fidèles. On appelait "ceile" ou "obédience" la ferme et "prieuré" la petite chapelle attenante et "prieur" le religieux chargé de l’une et l’autre. Le prieuré devint rapidement un couvent dont le prieur en fut le supérieur nommé à vie. Ce sont d’ailleurs ces antennes des abbayes qui ont été à l’origine de nombreux défrichements pour mettre la terre en culture.
En 1320, dans son testament noble Jean de Vassal y fonde une chapelle Notre Dame afin d’y être inhumé. Quel fut le sort de cette chapelle ?
Le clocher tour domine le bourg, Les remaniements, dont ses murs portent les traces remontent pour les premiers au XVème siècle. On peut penser que lors de la guerre de Cent Ans qui a vu la destruction d’une importante partie du village par les Anglais en 1381, et en particulier du fort situé non loin de l’église, l’église a souffert.
Dans un rapport au Saint Siège, Guillaume de Rodorel, héritier en partie des Vassal nous dit que « Vers 1381, Frayssinet fut pris par les Anglais, tous les habitants qui purent fuir, abandonnèrent ce qu’ils avaient, mais ceux qui restèrent furent tués, blessés ou prisonniers.... » Le village était quasi-vide d’habitants et il a fallu attendre le repeuplement pour que des travaux soient mis en œuvre. A cette époque l’église fut rebâtie en priorité. Avant 1449 fut construit sur l’emplacement du fort le prieuré, date à laquelle Pierre de Graulières est en possession de la cure... Dans des textes ultérieurs il est question de la maison du prieur et de celle du recteur.
Les Rodorel, grâce à l’héritage de Bellegarde de Vassal, deviennent coseigneurs de Frayssinet, avec les de Peyronnenc qui détiennent le droit de justice et l’abbé de Marciihac.
Au XVIème siècle l’église s’élevait dans le style ogiva de transition qui subsiste dans le chœur et dans le clocher carré qui les surmonte. Le sud de la France ne développera que peu l’art gothique des grandes églises du nord, elle gardera plutôt ses caractères nées du style carolingien et on parlera ensuite de la tradition des églises gothiques languedociennes dont l’église de Gourdon est un exemple. Les églises de nos campagnes sont plus modestes et bien moins sujet d’études.

Le clocher carré

Les romains se servaient de cloches et introduisirent cet usage en Gaule vers le Vème siècle. La tour ne fut d’usage que vers la fin du Xème siècle, les cloches devenant beaucoup plus volumineuses. Les plus anciennes tours étaient peu élevées et carrées. Sans colonnes ni ornements, elle se terminait par un toit pyramidal obtus à quatre pans et percée sur leur face d’un certain nombre de fenêtres semi-circulaires. « L’association des tours avec le corps des édifices religieux présenta pendant longtemps de très grandes difficultés ; tantôt on les plaça au centre de l’édifice, tantôt au-dessus du portail ouest, quelquefois aux extrémités des transepts ; mais bien souvent les architectes moins hardis établirent leurs tours à côté des églises et en firent ainsi des constructions accessoires presque sans liaison avec les autres parties des édifices. » Arcisse de Caumont in Architecture au Moyen Age
En règle générale les tours portent le coq gaulois à leur sommet mais il est a noté que celle de Frayssinet est dotée d’une croix et en dessous d’une girouette.
En septembre et octobre 1562, lors des guerres de religions les troupes de Symphorien de Durfort seigneur de Duras ralliées au protestantisme pour se venger d’une défaite causèrent de grands dommages dans les alentours, à Concorès, Saint Germain, le château de Saint Chamarand sera en parti miné, tout comme l’église abbatiale du Vigan entièrement dévastée. Ces dégâts peuvent expliquer les remaniements datés du XVllème siècle.
Après 1569 Noble Pierre Rodorel dit Fressinet époux de Françoise de Conduché testa au château de Frayssinet le 30 janvier : « son corps sera mis devant le grand autel de l’église de Frayssinet en son tombeau placé du côté où se lit l’Evangile. » Le tombeau de la famille se trouvait en la chapelle du Saint Sépulcre à Saint Cirq la Popie mais aussi à Frayssinet, dans la chapelle portant le nom le Saint Pierre et de Conduché.
Une nouvelle chapelle Notre Dame est fondée en 1677 par le sieur Pierre Roques, bourgeois de Coutens, ce qui confirme la destruction au moins partielle de l’ancien édifice.
La chapelle saint Roch est due à la pieuse pensée du curé Pezet qui y fut ensevelie en 1872. La famille de Longuet, de la noblesse de robe, y possédaient aussi un tombeau de famille.
Durant la Révolution la communauté de Frayssinet sauvegarda son curé, le père Bertrand Parra qui y décédera le 10 décembre 1817. Le père Parra, prêtre jureur rétracté continua à officier, durant la période révolutionnaire, chez la veuve Combes publiquement, bien que son vicaire le père Larive soit le « titulaire » de la cure !
Il est dit que les cloches auraient été cachées durant cette période sous un amas de pierre par les habitants particulièrement pieux de Frayssinet.
Une histoire semblable courre aussi à Saint Germain !

Le mobilier

La plus ancienne cloche date de 1621
Le grand retable baroque est du XVII ème siècle est classé lui aussi.
Le XVIIe siècle verra un renouveau religieux intense. C’est à cette période que les commandes de retables se multiplieront. Dans le premier âge du baroque (de 1644 à 1675) ce sera le retour des bas-reliefs. Des statues en ronde-bosse remplacent les panneaux peints. Le retable devient le mobilier principal de l’église, il la caractérise de façon unique. La forme générale en triptyque est toujours la norme, les travées verticales sont séparées par des colonnes ou des pilastres. C’est à cette époque qu’apparaîtront les anges.
Le deuxième âge du baroque (1644 à 1720) surcharge le retable. C’est de cette époque que date les retables lourds de décoration avec une statuaire riche et des couleurs éclatantes. Entre autre modifications les colonnes deviennent torsadées ce qui caractérisent bien cette seconde période.
Le retable était à l’origine un mobilier fonctionnel. Les objets liturgiques étaient rangés sur les gradins. II était en principe réalisé en bois tendre (pin, peuplier ou tilleul)
L’église Saint Pierre de Gourdon est dotée d’un retable du aux sculpteurs Tournier, dynastie de sculpteurs, dont les œuvres se trouvent dans plusieurs églises du Quercy. Le retable du maître autel était il leur œuvre ?
La piéta en pierre polychrome date du début du XVlème sièele. Elle es classée à l’inventaire Monuments Historiques. Le thème de la Vierge de Piété était le thème privilégié de la piété des hommes de la fin du Moyen Age.

Quelques prêtres de Frayssinet.

Avant 1573 Pierre de Graulières puis N.... Cocula dont le père Hugues du Trel testa le 19 juin 1573 afin d’être inhumé dans le caveau de son fils prêtre de Frayssinet
En 1576 Julien Visille et en 1588 Gabriel de Rodorel.

A M Petitjean

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