Etre prophète dans son propre pays

Jeudi 21 février 2019, par Secretariat // Le mot de notre curé

La fête tourne au drame. Alors que Jésus semblait entraîner l’admiration dans le village où il avait grandi, voilà qu’il leur reproche de ne pas l’accueillir, et la foule unanime tente de le supprimer !

"Aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays"

Le prophète est un homme chargé par Dieu de parler aux hommes. Il est l’écho de la voix de Dieu, la voix de Dieu proportionnée à notre faiblesse, dans une bouche d’homme, pour que nous puissions l’entendre, l’écouter, et la mettre en pratique.
Mais notre semblable peut-il nous faire la leçon au nom de Dieu ? D’autant plus si nous l’avons vu grandir au milieu de nous : se prendrait-il pour notre supérieur ?
Vérifions-le : ne sommes-nous pas plus enclin à écouter les paroles de telle ou telle personne célèbre qui ne me connaît absolument pas, que les reproches ou conseils des propres membres de ma famille ?

Nous savons bien que ce sont bien ceux qui me connaissent le mieux qui sont le plus à même de me dire ce que je devrais changer dans ma vie pour suivre le Seigneur... mais sommes-nous prêts à l’accepter ? A reconnaître que Dieu lui-même peut me parler à travers eux ?
 
Et puis... ai-je l’audace d’être prophète pour mes frères ? Suis-je prêt à prendre le risque d’une parole lorsque je reconnais qu’un de mes proches prend le sentier de la perdition au lieu de celui du bonheur ? Caïn s’était défendu du meurtre de son frère en disant "suis-je le gardien de mon frère ?" (Gn 4,9), Le prophète Ezekiel reçut la réponse : "Je te demanderai compte du sang de ton frère." (Ez 33,7)
 
En dénonçant notre résistance à la vois de notre frère prophète, Jésus vient réveiller en nous la véritable charité qui ne se laisse pas affadir par l’indifférence, la peur du regard de l’autre et toutes les mondanités qui risquent d’empêcher la voix de Dieu de faire son œuvre de Salut en chacun de nous. Voilà une vraie bonne nouvelle audacieuse pour notre Eglise d’aujourd’hui qui souffre tant d’une trop grande sécularisation !
 
Père David+

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