Mission Zachée

Jeudi 15 décembre 2016, par Service Communication // Monseigneur Laurent Camiade

Chers pèlerins de la Mission Zachée,

Vous avez répondu présent à l’appel du père de Gouvello et du diocèse de Cahors pour accompagner Notre-Dame de Rocamadour sur les chemins du Lot jusque dans tous les villages, à la rencontre des habitants de cette terre bénie parcourue, au long des siècles par de nombreux saints. Y vivent encore aujourd’hui un bon nombre de chrétiens, mais aussi des agnostiques, des incroyants ou des croyants appartenant à d’autres religions. Tout homme de bonne volonté porte en lui les grandes questions de l’humanité : « Qu’est-ce que l’homme ? Que signifient la souffrance, le mal, la mort, qui subsistent malgré tant de progrès ? À quoi bon ces victoires payées d’un si grand prix ? Que peut apporter l’homme à la société ? Que peut-il en attendre ? Qu’adviendra-t-il après cette vie ? » (Gaudium et spes n° 10) S’ajoutent aussi des questions liées à l’actualité et ses mises en causes de l’Église catholique : la pédophilie, les religions et la violence, le célibat des prêtres, l’égalité hommes-femmes, etc. La rencontre avec des croyants ravive toujours ces très vastes questions et, bien sûr, vous n’avez pas de réponses toutes faites, mais vous avez Notre-Dame et son Fils Jésus-Christ, mort et Ressuscité pour nous sauver. Vous avez l’Esprit Saint qui nous précède toujours dans la Mission et qui vous a attirés dans cette aventure. Rappelons-nous qu’il est souvent plus important d’entendre les questions jusqu’au bout et surtout d’écouter et de comprendre les gens que de donner des réponses « définitives ». Reconnaître nos péchés fait partie du témoignage, ainsi que les efforts que nous faisons pour nous convertir et mettre en pratique les enseignements de l’Évangile. C’est le Christ qui nous sauve, pas le raisonnement ni l’impeccabilité supposée des chrétiens. Tous nous sommes en chemin, appelés à la sainteté. Je vous recommande surtout de demander la grâce, par l’intercession de Notre-Dame de Rocamadour, d’être détachés de tout auto-référencement pour entrer dans le regard de Jésus sur les hommes qu’il veut sauver. Chaque matin, offrez votre journée de pèlerinage et de Mission et déposez tout entre les mains du Seigneur. Avec vous, le Christ, assis sur le genou de Notre-Dame de Rocamadour, va parcourir le Lot sur le dos d’un petit âne. Il y a quelque chose de cocasse dans ces équipages. Mais ne pas se prendre au sérieux favorise l’humilité et la disponibilité à la rencontre. L’humilité est liée à la Rédemption : la miséricorde de Dieu, c’est la toute-puissance amoureuse de Dieu qui se compromet jusqu’à la mort dans la faiblesse humaine. Ceux qui accueillent ou accompagnent la statue de Notre-Dame de Rocamadour portée par ces ânes doivent cultiver une attention centrée sur l’autre, sur le bien de l’autre, sur l’écoute de l’autre, sur la présence active de l’Esprit Saint dans le cœur de tous ceux qu’ils vont rencontrer, qu’ils soient déjà des chrétiens convaincus ou pas, quelle que soit leur histoire. L’Esprit Saint est à l’œuvre, il est toujours en marche dans le monde. Annoncer le nom de Jésus suppose une attitude de louange et d’action de grâce pour tout ce qu’il a déjà fait pour vous. C’est notre amour et notre confiance en Jésus qui vont se communiquer. « L’amour seul est digne de foi » comme l’écrivait le théologien Urs von Balthasar. Quand nous voulons annoncer le Christ, rappelons nous que nous sommes les premiers bénéficiaires de la mission. La Mission Zachée bousculera un peu des habitudes, elle surprend déjà, on en parle parfois avec scepticisme : qu’est-ce que c’est encore que cette ânerie ? La Mission Zachée sera fidèle à Jésus non pas en proportion du bruit qu’elle fera mais selon qu’elle sera réellement portée par le souffle de la foi, de l’espérance et de la charité des pèlerins-missionnaires et de tout ceux qui s’y associeront. A cet effet, j’invite tout le monde à prier pour la fécondité de cette mission d’évangélisation et de rencontre dans toutes les villes et les villages du Lot. Je propose de nous fixer ensemble un rendez-vous invisible dans la prière, tous les jours à midi, pour prier l’Angelus (en temps pascal on peut le remplacer par le Regina Caeli). Dieu a visité son Peuple en naissant en Marie. C’est l’enjeu de la mission : visiter chaque village, manifester la présence bienveillante et miséricordieuse de Dieu qui a pris chair en Marie. Que Notre-Dame de Rocamadour touche nos cœurs et ceux de tout le diocèse de Cahors. Qu’elle nous donne joie et confiance en faisant de nous des témoins de son Fils.
+ Laurent Camiade

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