Heureux les pauvres

Mercredi 21 mai 2014, par Service Communication // Le mot de notre curé

« Heureux les pauvres »

« Un pauvre appelle, le Seigneur entend » Psaume 34

Monseigneur Turini, notre évêque, vient d’adresser aux communautés chrétiennes une lettre dont le titre est particulièrement clair : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »

Monseigneur rappelle qu’il écrivait lui-même à la Pentecôte 2008, comme priorité missionnaire : « Il n’y a pas de projet d’évangélisation sans la solidarité et la charité comme fondements ». Jésus veut une Eglise servante et pauvre : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Mt 25.
La feuille de route du chrétien passe obligatoirement par le service des pauvres. La charité n’est pas une option. Nous ne pouvons pas y échapper. Le pape François le rappelle encore : « Je désire une Eglise pauvre parmi les pauvres ». La Joie de l’Evangile.

C’est que la plus grande partie du monde et une part plus importante de notre pays et de notre région souffrent d’une telle misère que le Christ lui-même, dans la personne des pauvres, réclame comme à haute voix la charité de ceux qui le suivent.
Le Christ est en effet à nos côtés. C’est ce malade que nous n’allons plus visiter, ce garçon ou cette fille qui n’arrivent pas à se sortir de ses problèmes, ce père de famille au chômage à qui nous ne téléphonons plus, c’est Lazare qui mendiait, nous dit l’évangile de ce jour, les miettes de la table de ce riche qui ne s’en rendait même pas compte.

D’ailleurs, pour que cette générosité règne, il importe de nous interroger sur le regard que nous portons sur les pauvres. Les considérons-nous comme ceux que nous devons aider en ne remplissant que leur « estomac » ou croyons-nous qu’eux aussi peuvent nous aider ?
Si nous répondons oui à la seconde partie de cette interrogation, nous reconnaissons que leur place dans l’Eglise, ils l’ont déjà.
Alors, devant ces tout petits qui sont nos frères en Christ, nous nous sentirons nous-même tout-petits. Pauvreté, humilité et amour se rejoignent. Et cela suppose des attitudes concrètes : aller vers, faire appel, donner la parole, fraterniser. « Personne n’est assez pauvre pour n’avoir rien à dire. »

Méditons cette parole du pape François : « Les pauvres ont beaucoup à nous enseigner. En plus de participer au sens de la Foi, par leurs propres souffrances ils connaissent le Christ souffrant. Il est nécessaire que nous nous laissions évangéliser par eux. » La Joie de l’Evangile N° 198.

Marcher avec eux suppose pour notre Eglise de vivre « en frères et d’être unis. » Ps 133.

Jean-Pierre Delmas, votre curé

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