L’ACCUEIL DES MIGRANTS A GOURDON : UN PARTAGE PASCAL

Jeudi 4 mai 2017, par Service Communication // Le mot de notre curé

De début mars à mi-mai, Gourdon a reçu une vingtaine de migrants venant de Paris et de Calais.
Petite ville de 4800 habitants, Gourdon vient d’ouvrir le premier centre d’accueil et d’orientation (CAO) du département. Ces centres sont des lieux où les migrants sont accueillis avant de faire ou non une demande d’asile.

Nicole Guibert et Grace Dalle, également bénévoles du Secours, sont parmi les premières à se rendre à l’ancienne gendarmerie, où se situe le CAO.
Ces bénévoles sont tout de suite surpris : « Je pensais, dit l’un d’eux, trouver des gars complétement perdus après des mois passés là-haut dans la merde, et je me retrouve avec des types polis et souriants qui essayent de discuter, malgré la barrière de la langue, comme si on se connaissait depuis dix ans. »

Finalement, un collectif se constitue pour accueillir six jeunes et de la famille. Des cours de français sont organisés, d’autres improvisés.
Et puis, la nuit du 30 mars, vingt et une nouvelles personnes sont déposées à Gourdon. On les avait fait monter dans un bus à Paris sans leur dire où on les emmenait. Tous ne suivront pas. Les plus jeunes sont afghans ou soudanais.
Mais ces « nouveaux gourdonnais » sont sollicités. Certains sont invités dans les familles. D’autres sont emmenés au cinéma, au bal, ramasser les œufs de Pâques, jouer à la pétanque, voir les matchs de rugby… « Il y avait la volonté de les intégrer dans notre petite communauté » explique François Stuck, 56 ans.

Pourtant, Patrick Feuillu avoue ne jamais poser lui-même le sujet de l’accueil des migrants sur la table : « J’ai pas trop le caractère à me faire envoyer balader » justifie-t-il. Assise à côté de lui, la responsable du secours catholique, Francine Dupessey, confirme : « Ce n’est pas toujours évident d’en parler avec des amis. Souvent, ça se ferme immédiatement. » Se mêlant à la conversation, Nicole Guibert réagit vivement : « C’est vrai que parfois les réactions sont hostiles. Mais tant pis ! Moi, je ne peux m’empêcher d’en parler. Il ne faut pas que ça tombe dans l’oubli cette histoire. »

Oui, parlons-en et participons à l’accueil !

Extraits de Flash info, bulletin du Secours Catholique d’Avril 2017]

Jean-Pierre Delmas, curé

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