L’invincible espérance

Mercredi 2 novembre 2016, par Service Communication // Le mot de notre curé

Réflexions pour le temps de Toussaint

S’il m’arrivait un jour – et ça pourrait être aujourd’hui -, j’aimerais que ma communauté, mon église, ma famille se souviennent que ma vie était donnée
à Dieu et à ce pays (l’Algérie)..
Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste... Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité.

Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec Lui ses enfants de l’Islam tels qu’il les voit, tout illuminés, tout illuminés de la gloire du Christ, investis par le don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.

Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette joie-là, envers et malgré tout.
Dans ce merci où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous, ô amis d’ici.

Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’auras pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce merci, et cet « A-Dieu » en-visagé de toi.
Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. Amen ! Inch’Allah.

Christian de Chergé, prieur de Tibhirine, janvier 1994
Texte rédigé peu avant l’arrestation des moines et leur martyr

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