LA NATIVITÉ

Jeudi 15 décembre 2016, par Service Communication // Le mot de notre curé

A vrai dire, le chrétien des premiers siècles, s’il revenait chez nous, serait bien surpris de la façon dont beaucoup de personnes fêtent aujourd’hui Noël, cette insistance poussée sur l’enfance du Christ et ce romantisme de la crèche. Par contre, Il aimerait ce coup d’œil génial, ce raccourci saisissant où la Lettre aux Hébreux voit, en une même vision, la naissance éternelle du Verbe et sa naissance parmi les hommes.

Le temps de Noël, un temps de joie ?

Comment fêter la paix au milieu de tant de haine ? Et comment se réjouir quand tant d’hommes sont malheureux ?
Ce qui est en cause, ce sont la joie et la paix fausses, parce qu’égoïstes. Il n’est de vraie joie que partagée. Aussi faut-il laisser entrer dans notre joie le pauvre, le malade, l’isolé. Aussi faut-il travailler, toute l’année, à la justice et à la paix.
Il n’est pas question de renoncer à la joie. Une mine triste ne consolera pas celui qui manque de bonheur.

Jésus Dieu et Homme ?

Dans les évangiles synoptiques Jésus se conduit et agit comme Dieu seul peut le faire : il pardonne les péchés, il est le maître du sabbat. Jésus nous le déclare : "le Père et moi, nous sommes un" (Jn 10,30). Une pareille prétention scandalise les Juifs qui décident de supprimer Jésus parce qu’il se fait l’égal de Dieu. –
Mais, insistera-t-on, comment une même personne peut-elle être Dieu et homme à la fois ? La chose est unique et le restera. Avec saint Irénée, prenons la comparaison du fer rougi par le feu ; celui-ci pénètre le fer entièrement sans pourtant l’altérer ; au contraire : des propriétés nouvelles sont libérées par le feu qui rend le fer souple, malléable.C’est en ce Christ ressuscité qu’apparaissent des "propriétés nouvelles" de l’homme, et c’est en lui que nous trouvons réponse à notre besoin de dépassement.

Jésus est Homme depuis qu’il a pris corps parmi nous

Jésus est homme parce qu’il est né, a mangé, dormi, est mort comme nous. Jean utilise à dessein l’expression : "le Verbe s’est fait chair" (1,14) pour bien faire comprendre que Dieu n’a pas fait semblant de devenir homme, il s’est vraiment incarné.
Il a eu un cœur tendre et affectueux, il avait de belles amitiés, il a pleuré d’émotion. Il a connu le découragement, la lassitude. Il a hésité à boire le calice, il a eu peur, peur de souffrir.
Il est homme parce qu’il a fait sienne la cause de l’homme et particulièrement de celui qui était blessé dans sa dignité humaine : le marginal, le faible, l’exploité. Jésus s’oppose à l’hypocrisie qui fait passer coutumes et lois avant l’homme pour qui elles sont faites : l’homme n’est pas pour le sabbat, mais le sabbat est pour l’homme (Mc 2,27). Il se met ainsi du côté de l’homme et contre tout ce qui l’opprime, même certaines formes de religion. C’est ce qui émeut aujourd’hui en Jésus, c’est ce qui le rend si sympathique au point qu’il devient le modèle-type pour nos contemporains. Ceux qui s’engagent le mieux pour une société plus humaine se reconnaissent en Lui.

Jean-Pierre DELMAS, votre curé

Répondre à cet article