La Pâque du Christ

Samedi 5 avril 2014, par Service Communication // Le mot de notre curé

Le don du Corps et du Sang

L’acte majeur de de la Cène est l’institution du repas eucharistique qui a lieu dans le cadre de la Pâque juive, mémorial de la libération d’Egypte.
Sans doute abasourdis, les disciples entendent : « Ceci est mon corps livré pour vous. Ceci est mon sang répandu pour vous et pour la multitude. Faites cela en mémoire de moi. »

Le jeudi saint est le mémorial dece repas de la nouvelle Pâque.

Lors du repas, Jésus donne son corps et son sang à ses disciples. Sans la présence des disciples et, bien sûr, de Jésus, le don du Christ ne peut pas être transmis.

Ceci est mon corps :
Jésus « prend du pain » ; il se l’approprie, non pour le ramener à lui, mais pour le donner.Mais avant de donner le pain, il lui fait subir un double traitement. Par la « bénédiction », le pain devient le don reconnu et accueilli du Béni. Par ce mouvement, le pain vient de Dieu et ce qui en est fait retourne à Dieu. Par la « fraction », le pain perd son unité. Sa fragmentation rend possible un partage entre ceux qui font table commune. Cette fragmentation oblige ceux qui reçoivent à retrouver l’unité rompue par la trahison de Judas.
La déclaration « Ceci est mon corps » va à contre-courant de ce qui se voit. Il y a rupture entre le visible et ce qui ne peut que s’entendre.
Elle appelle à une relation de confiance entre Jésus et ses disciples.
Le corps livré est appelé à disparaître, le pain disparaît lui aussi pour la vie des corps de ceux qui ne le trahissent pas. Il s’agit de manger et de vivre en communion.

Ceci est mon sang :
Pour la coupe, dans la lignée de la bénédiction du pain, Jésus rend grâce. Il insère la communication divine par cet acte de grâce. L’acte de donner la coupe aux convives complète le gestuel de Jésus. Il n’y a plus de questionnement, « ils en burent tous ».
Séparés, les mots corps et sang parlent de mort. Ensemble, ils parlent de nourriture de vie et d’alliance. La parole de Jésus définit l’aliment et le donne à consommer de la façon dont il en parle.
Ainsi, en ajoutant à « Ceci est mon sang » les mots « versé pour tous » ou « répandu pour tous », l’image s’impose d’une effusion hors du corps. Il y aura bien meurtre, voulue par les chefs religieux, mais Jésus en parle en terme de sacrifice (pour tous).
Le sang prend donc une valeur d’alliance pour un grand nombre.
Enfin, la parole donne effectivement le Corps et le Sang. Non seulement elle résorbe la mort, mais elle est dépassée par la vie du Christ qui nourrit. La disparition des aliments par le repas, comme par la mort, devient affirmation et expression de vie.
Le pain et le vin donnent la Vie du Christ à ceux qui les absorbent.

Jean-Pierre Delmas, votre curé
Le 4 avril 2014

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