Le Christ est ressuscité

Mercredi 1er avril 2015, par Service Communication // Le mot de notre curé

Le Christ est ressuscité ? Il vit parmi nous ? Où, Comment ?

Jésus, en fait,a donné sa vie. Et il l’a fait en plaçant sa vie et son œuvre sur les lignes de fracture de l’humanité blessée : fractures dans l’homme désorienté parce qu’il a perdu le sens de sa vie, fractures entre les hommes qui s’excluent les uns les autres ou s’exploitent et s’écrasent, fractures entre les croyants juifs ou païens, qui se mettent à la place de Dieu et se jugent mutuellement ou en se condamnant. L’action de Jésus, à l’inverse, montre le Règne de Dieu en train d’advenir : il guérit les corps, les cœurs, et veut créer pour ses frères des espaces de communion en surmontant les ruptures qui les divisent.
Parce qu’elle est avide et obsédée par l’angoisse de manquer, notre société occidentale semble s’être placée sous le signe de la consommation et se trouve asservie par ce qui lui permet d’assouvir immédiatement ses appétits infinis. Pensons, par exemple, à la soif d’argent et de profit, au besoin de dominer qui produisent l’injustice, la division, la séparation, c’est-à-dire le contraire de ce que Dieu envisage pour l’humanité depuis les origines.
Jésus, lui, vit selon une autre logique. Comme il le déclare lui-même, « celui qui veut gagner sa vie la perdra, celui qui y renonce pour lui, parce qu’il la partage, la trouvera » Dès lors sa mort, sans être dispensée de l’horreur de l’horreur de la mort d’un homme torturé par ses ennemis et abandonné par ses amis... sa mort devient alors, pour lui Jésus, le lieu même de son accomplissement, l’heure de sa gloire, comme en témoigne l’évangile de Jean : « Voici l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié... Tout est accompli. » La mort est alors vaincue, assumée par la vie, absorbée dans la vie qui se donne.
Avec Pâques, il est désormais certain, au regard du croyant, que la mort n’aura pas le dernier mot : elle n’est plus notre Destin commun. En Jésus crucifié et ressuscité, elle est vaincue, même si elle semble encore régner, comme on le constate chaque jour.
Pâques signifie que la vie de Jésus est plus forte que tous les refus. En se donnant jusqu’à l’extrême (Jn 13, 1) pour Dieu et pour les autres, en faisant de la mort humaine le passage où la vie peut atteindre son accomplissement, Jésus nous assure que les luttes contre l’exclusion et le racisme, contre les maladies et la souffrance, les luttes pour le pain partagé, pour le service mutuel devenu lui-même espace où Dieu est servi et adoré, il nous assure que tous ces combats sont désormais plus forts que la mort, quoi qu’il en soit des apparences.

Jean-Pierre Delmas, votre curé

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