Le pauvre, si proche

Mercredi 17 août 2016, par Service Communication // Le mot de notre curé

Il est naturel d’aimer celui qui réussit. Nous aimons et quelquefois nous jalousons ceux qui possèdent ce que nous ne pourrons jamais avoir, la beauté, l’intelligence, le pouvoir, la richesse…

Le pauvre, lui, est obligé de se cacher. Celui ou celle qui ne peut pas manger à sa faim est parfois amené à voler son alimentation, et c’est une honte pour lui.
D’ailleurs, nous ne cherchons ni à le rencontrer, ni même à le voir. Que pourraient-ils nous apporter ? Du souci, des échecs et, finalement, de la perte de temps !

Si nous regardons de façon plus large encore, le contraste entre pauvres et riches, ceux qui perdent et ceux qui gagnent est frappante. Des millions de personnes souffrent de la faim, sans compter les handicapés, les analphabètes, en un mot les incapables..
Il existe de nos jours un mot anglais qui rend compte de tous ces hommes : des losers.

Mais voici qu’un cri a retenti jusqu’à notre porte : « Heureux les pauvres ». Et ce cri a trouvé son écho jusqu’à ce jour, il frappe les pierres de taille qui entourent nos églises et enfin pénètre nos oreilles, notre sensibilité et nos cœurs. Pourquoi résonne-t-il ainsi, venu du fond de nos existences, de notre pèlerinage et de nous-mêmes ?

C’est que la plus grande partie du monde et une part plus importante de notre pays et de notre région souffre d’une telle misère que le Christ lui-même, dans la personne des pauvres, réclame comme à haute voix la charité de ceux qui le suivent.
Le Christ est, en effet, proche de nous. C’est ce malade que nous n’allons plus visiter, ce garçon ou cette fille qui n’arrivent pas à se sortir de ses problèmes, ce père de famille au chômage à qui nous ne téléphonons plus, c’est Jésus qui nous exhorte, à travers l’évangile de ce jour, à se mettre à la dernière place. Dieu le place à sa droite parce qu’il s’est fait le plus petit.

Mes bien chers amis, il est urgent d’aimer. Marie, que nous avons célébrée ces derniers jours, n’a pas hésité, un jour de noces, à demander à son fils Jésus de venir en aide aux mariés. Jésus sauva la noce en lui procurant le vin qui lui manquait. Il n’a cessé par la suite de guérir les malades, accueillir les enfants, les pauvres de cœur.. Il ne tient qu’à nous de le suivre et, ainsi de transformer nos vies en donnant de notre temps, de notre élan, de nos moyens pour notre plus grande joie et la plus grande gloire du Christ, notre cœur enlacée dans la tendresse de Marie.

Jean-Pierre Delmas, votre curé

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