« Les Chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont crucifié. Et nous qui espérions qu’il serait le libérateur d’Israël ! »

Samedi 3 mai 2014, par Service Communication // Le mot de notre curé

Ainsi s’expriment les pèlerins qui se rendent à Emmaüs au lendemain de la crucifixion de Jésus. Saint Luc nous le rapporte au chapitre 24 et la liturgie du troisième dimanche de Pâques nous invite à méditer ce passage.
En fait, le récit des pèlerins d’Emmaüs traduit l’expérience pascale de tout chrétien : Au cœur de l’angoisse, du scepticisme, naît le désir d’une présence en qui peut grandir la confiance et la Foi.

La fréquentation de Jésus auprès des apôtres n’a pas été suffisante. Comme Thomas, les apôtres n’ont pas vu en sa chair la filiation divine du Christ. La Foi relève donc d’autre part : la surabondance divine ne rejoint l’humanité que dans son extrême pauvreté ; la joie parfaite est dénuement, comme l’a vu saint François.

Ce qui est saisissant, c’est que Dieu ne rejoint le temps des hommes que par l’instant.
Les pèlerins d’Emmaüs n’ont reconnu Jésus qu’à la fraction du pain, au moment du partage.

Pour chacun, faire retour sur sa Foi, c’est pas à pas, rechercher cet instant où tout bascule. Il faut bien voir que pour les pèlerins d’Emmaüs, à un moment donné, il s’est opéré comme une sorte de basculement, que l’on nomme conversion. Cette conversion est un retournement bouleversant et renversant. L’accès à ce retournement et le progrès sur ce sol nouveau ne dépendent pas de nous. Ce retournement est repérable par ce qui le prépare : cette accumulation de questions, de doutes sur le bien-fondé de la vie, telle qu’on la conduit. Et cette présence discrète de Jésus.

La Foi, de fait, est donnée. Elle n’entre pas dans la trame du temps ordinaire. Elle le traverse à la façon d’une autre histoire insaisissable. Et c’est pourtant ce qu’il faut saisir sans jamais y parvenir tout-à-fait.
Jean-Pierre Delmas, votre curé

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