Les marchands du temple

Mercredi 4 mars 2015, par Service Communication // Le mot de notre curé

Il y avait beaucoup de marchands à Jérusalem mais Jésus n’a jamais rien dit contre les commerçants. Pourtant, ceux qui étaient établis à l’extérieur du Temple n’étaient pas différents de ceux qui avaient leur commerce à l’intérieur. Les uns et les autres, comme ceux d’aujourd’hui, avaient le sens des affaires. Contrairement à ce qu’on a pu croire ici et là, Jésus n’a jamais condamné les honnêtes commerçants.
« Jésus prit un fouet » et il interdit de « faire de la maison de son Père une maison de trafic ». Car il y a une différence sérieuse entre les commerçants du Temple et les autres : tous les commerçants recherchent leur bénéfice et leurs propres intérêts –ce qui est normal et légitime- mais ceux du Temple empochent le bénéfice d’animaux qui servent pour les sacrifices. Les animaux sont offerts à Dieu, ce sont des animaux sacrés. Et puisque leur marchandise est sacrée, il est facile de glisser en affirmant que leur commerce devient sacré (ce qui est le cas puisqu’à partir de ce jour, les chefs des prêtres cherchent à le faire mourir) et donc… leur bénéfice devient sacré ! On sent le glissement qui est toujours d’actualité ! La paroisse a besoin des quêtes pour vivre, mais elle refuse tout achat de messe ou de sacrement. A la question habituelle « combien coûte un baptême ? », nous avons coutume de répondre « oh, juste la mort du Fils de Dieu : ce n’est pas dans vos moyens, je pense ».
« Mais le Temple dont il parlait, c’était son Corps » : Jésus trouve installé dans son Corps, dans l’Eglise, des marchands qui recherchent leur propre intérêt mais au nom de Dieu, et leurs bénéfices se parent de vertu. N’oublions jamais que les merveilles du Vatican ont été payé avec le sang des Indulgences et que le fruit a été la séparation avec nos frères Protestants… On ne peut pas servir deux maîtres à la fois : Dieu et l’argent. En ce dimanche 8 mars, où une quinzaine de jeunes se présentent à la communauté pour demander leur baptême, nous avons un signe fort : Dieu est solidaire des joies et des peines - notamment de l’avenir professionnel des jeunes, et Dieu sait que c’est un défi pour chacun d’entre eux - mais il ne veut pas monnayer sa grâce. Ces jeunes nous ont rejoints gratuitement, par un appel intérieur personnel et très différent les uns des autres, et la paroisse a refusé tout argent de leur part pour la préparation et la célébration de leurs baptêmes.
Jésus prit un fouet : il ne l’a fait qu’une seule fois, mais c’est en réponse à la question : « quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais ? ». Jésus leur donne le signe de la Croix, comme dimanche, nous donnerons aux catéchumènes le signe de croix qu’ils pourront faire pour la première fois de leur vie et ce sera désormais pour toujours ! Car au jour de la croix, les hommes prendront un fouet pour flageller Jésus. Les marchands se vengent d’avoir été expulsés !
Mais Jésus nous répétera jusqu’à la fin des temps que l’Amour de Dieu est gratuit : il offre à toute personne le bonheur éternel sans condition si ce n’est de le lui demander ! Il nous enseignera toujours à chercher le bonheur et l’intérêt de mon frère avant le mien : « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». Mais nous aurons toujours le risque d’avoir le cœur flagellé par le fouet de la déception, par ceux qui se sont servis de nous. C’est le prix de l’amour : mais il vaut mieux arriver au ciel avec des cicatrices que de ne jamais y arriver ! Aux coups portés par les hommes, Jésus répond par un surcroît d’amour : le prix de sa vie qu’il offre gratuitement à chaque nouveau baptisé ! Et c’est ainsi qu’il ouvre un chemin (car tout ne s’arrête pas le jour du baptême, au contraire tout commence) : un chemin d’humanité, baptisé dans la passion de Dieu pour notre Humanité et notre monde ! Saurons-nous être à la hauteur de cet appel à l’Amour gratuit ?

Père Franz

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