Suis-je le gardien de mon frère ?

Mercredi 6 juillet 2016, par Service Communication // Le mot de notre curé

Un homme était sur la route qui va de Jérusalem à Jéricho… Nous pourrions y voir une leçon d’assistance à personne en danger. Et cela aurait du sens, car quand nous trouvons un blessé sur la route, nous devons lui porter secours. Mais en rester à une leçon de civisme, dont les chrétiens n’ont pas le monopole, serait réducteur. Cette parabole du Bon Samaritain que seul Luc nous raconte est une catéchèse sur l’accueil de l’autre, sur l’hospitalité, sur la dignité de tous les êtres humains, et plus particulièrement des blessés de la vie.
En cette période de vacances, où nous accueillons beaucoup de personnes de passage, combien il est important de recevoir du Christ une piqure de rappel ! Accueillir l’autre comme Dieu désire être accueilli à travers lui… Cette petite histoire nous dit à la fois qui est Dieu, et comment nous devons être chrétiens.
Le prêtre et le Lévite se demandent « qu’est-ce qui M’arrivera si je m’arrête ? » alors que le Samaritain se demande « qu’est qui LUI arrivera si je ne m’arrête pas ? ». Oui, ne laissons pas mourir Dieu sur le bord de nos routes, sous prétexte qu’il ne faudrait pas s’éloigner de nos temples, de nos liturgies pour rencontrer Dieu… S’il ne faut pas passer outre avec indifférence, devant un frère en souffrance, rappelons nous que la spécificité chrétienne n’est pas d’avoir de la compassion –elle est inscrite dans le cœur de toute personne humaine. Il ne s’agit pas seulement de ne pas faire aux autres ce qu’on ne veut pas pour soi-même (c’est déjà pas mal), mais il faut faire aux autres ce qu’on veut pour soi, d’où la nécessité de se faire proche de l’autre, de créer du lien, avec respect, sans jugement, gratuitement, afin d’essayer d’aimer en vérité.
La foi chrétienne n’est pas un paradis (fiscal ?) à protéger, mais un paradis rendu visible à travers nos agir quotidiens. Etre chrétien, ce n’est pas rester là à regarder le ciel sans rien voir autour de nous. Cette parabole est une invitation à méditer sur notre manière de nous arrêter, en pensée, en parole, par action ou… par omission, pour porter attention aux blessés de la route, aux itinérants, marginalisés, migrants, étrangers… à tous ceux avec qui nous gardons par réflexe une distance par peurs intérieures. Que dire de ceux qui sont marginalisés dans nos sociétés ou dans l’Eglise, comme les divorcés-remariés, les inégalités sociales ou entre homme/femme, les personnes seules, malades, âgées souffrant de solitude, etc ? Sont-ils mes frères ? Sont-ils mon prochain ? Y aura-t-il enfin un « veilleur » qui se lèvera dans le Gourdonnais ?
Oui, aujourd’hui, il y a tellement de blessés de la vie sur le bord de la route… que faisons-nous du prochain en souffrance ? Le Christ nous a montré que la vie chrétienne se vit sur la route, aux croisés des chemins. Jésus se fait proche de nous afin de devenir, avec lui et en lui, proches des blessés de la vie. Alors, nous serons sur la route… de la vie éternelle !

Père Franz+

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