Nadaillac de Rouge

Lundi 25 septembre 2017, par Service Communication // Saint François

Nadaillac-de-Rouge est une petite et charmante commune de 182 habitants située en Bouriane, dans le nord du département du Lot.

La présence de l’homme est attestée depuis le néolithique, soit 4000 ans avant notre ère (grotte - sépulcrale, hache en pierre polie, hache votive, balle de fronde, etc.).
Comme l’indiquent certains toponymes (« Cassagnes » : lieu planté de chênes), les Celtes ont également occupé cette région avant de subir la colonisation des Romains.
Le suffixe « ac » - présent dans Nadaillac - marque probablement l’emplacement ancien d’une villa gallo-romaine - autrement dit d’une grosse ferme.

La dénomination du village telle qu’elle existe aujourd’hui remonte au moins à cinq siècles. Il en est fait mention dans un arrentement effectué le 30 novembre 1504 par Alamande de la Magnanie épouse Pouget, dame de Nadaillac de Roges. En 1648, un acte d’état-civil de La Mothe-Massaut mentionne le nom de « Nadalia de Rougos » qui, par déformation, a donné le nom actuel.

Tout comme Lamothe et Le Roc, Nadaillac faisait partie du pays de Rouge. Les autres communes ont perdu cette dénomination, contrairement à Nadaillac-de-Rouge qui l’a gardée pour se distinguer d’autres localités qui, en Quercy ou ailleurs portaient le même nom.
Cette localité fut, jusqu’en 1928, rattachée à la commune du Roc.

A l’origine, l’église Saint-Pierre - monument historique depuis le 9 août 1930 - était une simple chapelle dépendante du château voisin avant d’être dévolue au service de la paroisse.
Edifiée vers 1400 par le baron Etienne de Nadaillac. Orientée d’est en ouest, de style gothique flamboyant, elle sera dotée d’une cloche fondue sur place, à Nadaillac, en 1511, sous le règne de Louis XII, dit « le Père du peuple », avec cette inscription : « Maria Sancte ora pro nobis. »
En partie brûlée au XVIème siècle, pendant les guerres de religion, elle sera plusieurs fois remaniée puis dotée d’une sacristie accolée au nord du chevet en 1885 (restaurée en 2014).
Le blason de la famille du Pouget de Nadaillac, « d’or au chevron d’azur accompagné en pointe d’un mont de six copeaux de sinople », figure sur la clef de voûte du chœur et de la chapelle Nord est, ainsi que sur la face sud de la tour d’escalier en pierre du clocher.
Une autre clé de voûte est aux armes des Gontaut-Biron.
L’église St Pierre comporte une nef rectangulaire à deux travées, bordée de chapelles sur les bas-côtés et prolongée par un chœur semi-circulaire. L’édifice est desservi à l’ouest par un portail d’entrée mouluré, protégé par un porche couvert de lauzes et agrémenté de deux banquettes en pierre.
L’église dispose d’un imposant clocher - mur percé de 5 baies campanaires dotées d’une seule cloche. On y accède par un escalier intérieur construit en pierre.
Le mur extérieur de la tour du clocher présente de nombreuses traces d’impacts attribuées à des tirs anglais durant la guerre de Cent ans.
De 1997 à aujourd’hui (2014) l’église St Pierre a fait l’objet de travaux d’entretien réguliers. Une litre funéraire, réalisée au noir de fumée, apparaît sur le mur Nord et dans l’abside.
L’église possède un mobilier important dont un tabernacle en bois doré du XVIIème siècle appartenant à un retable actuellement dans la chapelle de droite. Certains de ces objets sont classés.
Le sol est recouvert de grandes dalles portant des lettres gravées. Elles recouvrent des sépultures, en particulier de la famille de Nadaillac comme l’attestent plusieurs « N » tracés grossièrement dans la pierre. François du Pouget fut enseveli dans cette église le 3 avril 1749, à l’âge de 88 ans. Une dalle porte la date de 1705.

En 1896 l’abbé Paul Décros (1852-1920), dernier curé résidant à Nadaillac, publie, à l’issue d’un voyage à Jérusalem, un livre intitulé « La croisade pacifique » (St Amand, imprimerie catholique St Joseph).
Plus récemment, un grand écrivain du Burkina Faso - Maître Titinga Frédéric Pacéré - a consacré un ouvrage à notre village (sous le titre de Nadaillac-de-Rouge en Quercy, Poème, Paris, l’Harmattan, 2014 2ème édit.).

Le presbytère de Nadaillac a été le théâtre d’un épisode comique que le curé de Lamothe-
Fénelon, l’abbé Antoine Brugié, décrira dans un poème écrit partie en occitan partie en français, vers 1780, sous le titre « Bouno gorgo et gulo-fresco » (Bonne gorge et gueule fraîche).
Le curé de Mareuil et celui de St Etienne (paroisse de Souillac) s’invitent à un plantureux repas préparé par le prieur Martial de Cardailhac à l’occasion de la fête votive. Leur supercherie découverte, ils sont éconduits et deviendront la risée du voisinage.
Le presbytère, dénommé « petit prieuré » dans un vieux plan cadastre établi avant la Révolution cohabitait avec un « grand prieuré » situé sur le chemin de Souillac à Lamothe. Il figurait à la parcelle 37. Seules subsistent des fragments de poteries (dont certaines, sigillées, proviennent de Montans dans le Tarn) et de tuiles de type gallo-romain (ler et 2ème s. de notre ère).

Le petit patrimoine de Nadaillac-de-Rouge est riche et diversifié : en font partie plusieurs croix et calvaires, des cabanes et des gariottes, des fontaines, des lavoirs, des murs en pierres sèches.

Nadaillac possède également un patrimoine vernaculaire de qualité : fours, restes de moulin, travail, puits, citernes. Tous ces modestes édifices participent aux côtés du château, de l’église et du monument aux morts, à la richesse du territoire communal.

Les croix de carrefour témoignent de pratiques anciennes récupérées par l’Eglise.
Les croisements de chemins étaient considérés comme des lieux maléfiques par nos ancêtres, les Celtes et les Romains, qui avaient élevé là des monuments en l’honneur du dieu du commerce et des voyageurs.
Lorsque se développe le culte de la Croix, au IXème siècle, des calvaires destinés à chasser les démons seront dressés sur ces autels.
L’Eglise les utilisera pour la procession des Rogations, précédant l’Ascension. Chaque famille décorait au mieux les croix de sa propriété. Le prêtre en surplis blanc et les enfants de chœur en aubes partaient de bonne heure, suivis de quelques fidèles, empruntant pour l’occasion grands et petits chemins, priant Dieu de bien vouloir protéger les récoltes à venir de la grêle, du gel et de la sécheresse.
Des arrêts avaient lieu, au temps de l’abbé Basile Pons, devant les croix suivantes : celles des familles « Bourgnoux - Théreyzol, Lurel, Massabie-Freyssenge (en particulier). Cette tradition prit fin dans les années ‘50. Elle émergeait d’une foi populaire qui fut celle de nos ancêtres et qui fait partie de notre histoire la plus intime.

L’Association des Amis de l’église Saint-Pierre de Nadaillac-de-Rouge a été déclarée à la sous-préfecture de Gourdon le 6 janvier 2012. Cette déclaration a été publiée au J. O. Lois et décrets du 28 janvier 2012, p. 385. Son objet est la sauvegarde et la mise en valeur de l’église grâce à des moyens humains, matériels et financiers propres à atteindre cet objectif.

Association « Les amis de Saint Pierre de Nadaillac-de-Rouge »
Mme Colette CARITEAU, Trésorière
154, rue Donadieu
46000 Cahors

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